Aux imams and co imbus de leurs personnes

L’ANE PORTANT DES RELIQUES

Un Baudet chargé de reliques (1)

S’imagina qu’on l’adorait.

Dans ce penser il se carrait, (2)

Recevant comme siens l’encens et les cantiques.

Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit :

Maître Baudet, ôtez-vous de l’esprit

Une vanité si folle.

Ce n’est pas vous, c’est l’idole,

A qui cet honneur se rend,

Et que la gloire en est due. (3)

D’un magistrat ignorant

C’est la robe qu’on salue.

1) La Fontaine adapte l’origine païenne de la fable

en remplaçant le mot « idole » par « reliques »

(2) se pavanait

(3)et à laquelle la gloire est due