Contre-histoire des États Unis

Sous la terre des États Unis d’Amérique sont ensevelis les ossements des Indiens.

L’histoire des États Unis est l’histoire d’une colonisation marquée par la création d’un état fondé sur le suprématisme blanc, sur la pratique généralisée de l’esclavage, le génocide et le vol de terres.

L’état colonial anglo-américain est fondé sur le mythe suivant : les colons puritains ont fait alliance avec Dieu pour s’accaparer la terre.

Ce récit est renforcé par le mythe de Christophe Colomb et la « doctrine de la découverte ».

A la fin du 15e siècle plusieurs encycliques papales octroyèrent aux nations européennes la propriété des terres qu’elles avaient « découvertes » et les indigènes perdirent leur droit naturel à la terre.

Le juriste Robert Williams écrit Malheureusement pour les indiens l’Europe s’était donné le mandat de soumettre tous les peuples dont les mœurs étaient si distants des manières européennes qu’ils devaient être conquis et réformés.

Le mythe de Christophe Colomb signifie qu’après l’indépendance des États Unis les colons crurent faire partie d’un système colonial mondial.

« Colombia » le nom latin utilisé pour désigner les États Unis depuis leur création jusqu’à la fin du 19e siècle vient du nom de Christophe Colomb.

Les manuels scolaires et les historiens se chargèrent de faire la promotion de ce mythe.

Plus tard le multiculturalisme fut mis en avant pour permettre ce révisionnisme de l’histoire en mettant l’accès sur la « contribution » des oppressés à la grandeur supposée de la nation.

Ce nuage de fumée permet de masquer le fait que ce pays est fondé sur le pillage du continent et de ses ressources.

Les nations indigènes face au colonialisme soutenu par des armées gouvernementales se battirent pour conserver leurs valeurs.

Elles luttèrent pour leur survie en tant que nation or l’objectif des colonisateurs étaient de les faire disparaître en tant que nation et les conserver en tant qu’individu.

Ce processus colonial que les États Unis appliquèrent sur les indiens est le même qu’ils appliquent aujourd’hui, ils détruisent des nations tout en conservant les peuples qui composent ces nations.

Dans la deuxième moitié du 20e siècle en pleine décolonisation, les empires européens organisèrent une contre offensive: le néocolonialisme.

Les intellectuels européens créèrent le multiculturalisme.

Ceci consiste à entériner des réalités nouvelles pour justifier la domination.

Les peuples n’abandonnent pas leurs terres sans combattre, ainsi dès le début le colonialisme et la mondialisation capitaliste ont des penchants génocidaires.

Le terme « génocide » fut créé après la Shoah et est depuis considéré dans la convention des Nations Unis comme un crime mais la convention n’est pas rétroactive.

https://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CrimeOfGenocide.aspx

Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe;

b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe;

c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;

d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;

e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

Ainsi selon la convention de 1948 le colonialisme de peuplement est intrinsèquement génocidaire.

Extermination, déportation, disparition de tous vestiges d’un quelconque passé de peuples indigènes.

Au 19e siècle les États Unis se battaient contre les peuples indigènes d’Amérique du Nord, après la deuxième guerre mondiale, ils se battaient contre une bonne partie du monde.

Karl Marx dans « le capital » écrit:

« La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore. »

Outre leur poursuite du gain matériel, les colonisateurs faisaient preuve de zèle chrétien pour justifier le colonialisme.

Les papes, à commencer Urbain II , avaient béni les croisades, promettant à leurs mercenaires le droit de piller les villes musulmanes, ce qui leur vaudraient richesse et prestige une fois rentrés chez eux.

A la fin du 13e siècle la papauté commença à utiliser ces mercenaires pour écraser ses « ennemis intérieurs »: les païens et la populace en général, surtout les femmes et les hérétiques.

Les colons chrétiens arrivèrent avec leur croyance en la suprématie blanche.

Les origines de la suprématie blanche se trouvent dans les entreprises coloniales des croisades chrétiennes en terre musulmane et dans la colonisation protestante de l’Irlande.

La reconquista et l’expulsion des juifs et des musulmans de la péninsule ibérique contribuèrent à faire de la suprématie blanche l’idéologie centrale du colonialisme moderne et la justification principale du génocide.

Elles donnèrent naissance à la loi Papale de la « pureté du sang » (limpieza de sangre) en Espagne et au Portugal.

L’église avec l’inquisition se chargeait d’évaluer et de déterminer ceux qui avaient le sang pur et ceux dont le sang était souillé.

Ceux qui avaient le sang pur étaient les « vieux chrétiens ».

Ceux qui avaient le sang impur étaient tous ceux qui converti de force au christianisme avaient du sang juif ou musulman.

La « pureté du sang » permettait aux « vieux chrétiens » de priver ceux dont le sang est souillé par du sang juif ou ou musulman d’accéder aux principales institutions civiles ou ecclésiastiques, ce concept de « pureté du sang » fut approuvé par les différents papes de l’époque.

Cet état d’esprit se retrouve dans l’attitude des descendants des premiers colons britanniques en Amérique du Nord, telle est l’origine de la suprématie blanche.

La Grande Bretagne devint une puissance coloniale outre-mer un siècle après l’Espagne et intégra le système espagnol de caste raciale, mais elle le fit dans le contexte du protestantisme qui imaginait un peuple élu fondant une nouvelle Jérusalem.

Venus de l’ouest de l’écosse ils conquirent alors l’Irlande, les anglais avaient déjà conquis le pays de galles et l’écosse.

Bien que les irlandais soient aussi « blancs » que les anglais, leur transformation en êtres inférieurs à exterminer présageait du traitement des peuples indigènes d’Amérique et d’Afrique.

Ces irlandais sous administration britannique qui étaient regardés comme biologiquement inférieurs jusqu’au 20e siècle.

Au milieu du 19e siècle sous l’influence du darwinisme social, des savants anglais propagèrent l’idée que les irlandais et les peuples de couleur descendaient du singe tandis que les anglais descendaient de l’homme qui avait été créé par Dieu à son image.

On observe un passage de la guerre de religion au colonialisme génocidaire dans les guerres chrétiennes contre les musulmans comme dans l’invasion de l’Irlande par les anglais.

Dan Jacobson observe que comme les israélites, les calvinistes en nouvelle Angleterre croyaient que Dieu les avaient appelés à errer dans le désert, à combattre les païens et à occuper une terre promise, le tout en Son nom…

Les puritains qui fondèrent la colonie de la baie du Massachusetts s’inspirèrent de l’idéologie calviniste, de même que les colons hollandais qui créèrent une colonie sud africaine au cap de bonne espérance .

La persistance culturelle de l’idée d’une alliance sacrée est le socle du patriotisme états-unien.

De nombreux citoyens américains s’identifient étroitement à l’état d’israël, de même qu’ils s’identifièrent en son temps à l’Afrique du sud de l’apartheid.

Martin Luther King dit « notre nation est née dans le génocide.

Nous sommes peut-être la seule nation dont la politique nationale fut l’extermination de sa population indigène et qui fit de cette expérience dramatique une noble croisade.

Jusqu’à ce jour nous n’avons pas été capables de désavouer cet épisode honteux ou de ressentir aucun remord à son sujet. »

Les colons de différents pays entrèrent en conflit pour le territoire, les britanniques cessèrent le combat en 1783 et abandonnèrent leurs 13 colonies afin de concentrer leurs efforts de conquête sur l’Asie du Sud.

Dans le traité de Paris de 1783 la couronne transférait aux États Unis la possession de tous ses territoires du sud des grands lacs et au nord de la Floride espagnol, du Mississippi à l’Atlantique.

Les guerres continuèrent sans répit pendant un siècle et la conquête de l’Ouest utilisa la même violence et l’extermination.

Frantz Fanon écrit « le travail du colon est de rendre impossible jusqu’aux rêves de liberté du colonisé.

Le travail du colonisé est d’imaginer toutes les combinaisons éventuelles pour anéantir le colon. »

En 1803 l’administration Jefferson acheta la Louisiane à Napoléon.

Le nouveau territoire des États Unis faisait pression sur les terres occupées par l’Espagne: le Texas et le territoire à l’ouest de la ligne de partage des eaux jusqu’à l’océan pacifique.

Ces terres furent bientôt annexées par les États Unis.

Les espagnols encerclés par les anglo-américains devinrent commercialement leurs prisonniers ce qui leur firent accumuler des dettes importantes, ce processus d’endettement moyen en place par Jefferson les obligations à abandonner leurs terres pour régler leurs dettes.

Quant aux diverses rebellions des indigènes et parfois des africains libérés de leur esclavage liés à eux furent toutes réprimés par les armes.

Les survivants furent déportés dans des réserves.

Le général Thomas S.Jesup résuma l’attitude des blancs à l’égard des indigènes« le pays ne peut en être débarrassé que si on les extermine. »

Ce pays devenu aujourd’hui symbole de liberté alors qu’il s’est construit sur un génocide et la privatisation de liberté des indigènes, créa un mythe afin de faire oublier son histoire et ses crimes.

Pour cela il fallait faire de ces guerres de conquête et ce nettoyage ethnique un idéal pour que les masses le défendent bec et ongles grâce à la promesse d’opportunités économiques, de démocratie et de liberté pour tous.

Ainsi ils créèrent des récits pour captiver la masse et effacer la culpabilité du génocide.

Ces récits serviront de modèles aux écrivains, cinéastes et historiens des États Unis.

Récits d’hommes et des femmes qui auraient lutté, se seraient sacrifiés pour que leurs enfants puissent avoir une vie meilleur, Barak Obama reprenant le récit officiel et affirmant la démocratie en Amérique conclura « c’est ce voyage que nous continuons aujourd’hui ».

Or affirmer la démocratie en Amérique c’est nier la réalité du colonialisme.

Les guerres indiennes serviront de modèle pour les États Unis dans le monde.

On aura toujours d’un côté un gouvernement fédéral tenant de la liberté et du bien face à des indigènes qu’il faut exterminer pour le bien de tous car ils symbolisent tout ce qu’il y a de plus mauvais et sont les obstacles à la liberté.

La guerre au Vietnam en témoigne, ce peuple subit le même genre de massacre que les indiens.

Michael Herr Vétéran du Vietnam dira « les indiens ont subi le même genre de massacre il y a des siècles. J’ai appris à connaître le peuple vietnamien et je me suis aperçu qu’il était comme nous.

Toute la vie j’ai connu le racisme.

Lorsqu’enfant je regardais les films de cow boys, c’était la cavalerie que j’admirais pas les indiens.

C’était vraiment grave, j’applaudissais ma propre destruction. »

La guerre du golfe n’est qu’une guerre indienne de plus, au sujet de laquelle un commandant à la retraite déclara fièrement à la télévision que l’offensive terrestre en Irak symbolisait la continuité des guerres états-uniennes.

Les cinq principales guerres menées par les États Unis depuis la deuxième guerre mondiale en Corée, au Vietnam, en Irak (en 1991), en Afghanistan et en Irak (en 2003) nous rapproche de l’essence de l’histoire des États Unis.

Un fil rouge sans relie les premiers établissements blancs en Amérique du Nord au présent et au futur comme l’écrit l’historien militaire John Grenier:

« Les habitants des États Unis ont appris à l’école que leur culture militaire n’encourageait pas le massacre de civils mais ils ne savent presque rien des 3 siècles de guerre, avant et après la création des États Unis qui poussèrent les peuples indigènes du continent dans une poignée de réserves en incendiant leurs villes, en brûlant leurs champs et en tuant les civils, avant de déporter les survivants.

La violence systématique dirigée contre des non-combattants avec les moyens de la guerre irrégulière font partie intégrante de l’art militaire américain. »

En 1982 le gouvernement espagnol et le Saint Siège proposèrent qu’en 1992 les nations unies commémorent la « rencontre » entre l’Europe et les peuples d’Amérique, au cours de laquelle les européens étaient censés avoir offert aux indigènes la civilisation et le christianisme.

Les états africains quittèrent l’assemblée en signe de protestation et condamnèrent fermement cette célébration du colonialisme au sein de l’ONU, une institution soit disant créée pour y mettre fin.

Du milieu du 15e siècle au milieu du 20e siècle, la plupart des terres non-européennes furent colonisées sous couvert de la « doctrine de la découverte », l’un des premiers principes de droit international promu par les monarchies chrétiennes d’Europe pour légaliser l’exploration, la cartographie et l’annexion de terres appartenant à des peuples non européens.

La « doctrine de la découverte » a pour origine une bulle papale de 1445 qui autorisa la monarchie portugaise à s’emparer de l’Afrique de l’ouest .

Après la voyage d’exploration de Christophe Colomb en 1492, une autre bulle papale donna une permission similaire à l’Espagne.

Cette doctrine de la découverte conféra un droit à gouverner à ceux qui la firent.

Ces découvertes européennes ou euro-américaines avaient donc gagné le droit de posséder les terres indigènes en y plantant un drapeau.